NAMIKI

Connaissez-vous les stylos Namiki ?

 

Le blog de Jamil Sinno est-il la meilleure source d'information, que la Terre ait jamais porté, sur les stylos en laque de Chine ?

 

Voyons voir...  

 

 La rencontre avec le laque est un moment d'émotion rare.

 

Ce qui me reste de souvenirs de la découverte des stylos laqués, c'est précisément cette sensation, voire cette jubilation intérieure, que seul l'art peut produire.

 

S'agissait-il de stylos, simples objets d'écriture, ou bien avions nous affaire à un chapitre spécifique de la création artistique ?

En fait ni l'un ni l'autre et les trois à la fois !

 

Décidément, plus on veut éclaircir les sensations en les verbalisant, plus on semble les obscurcir.

N'est-ce pas ?

 

Une marque , qui n'a rien compris à son produit.

 

Quand j'ai commencé à parler de la dimension artistique de l'objet, issu de la lignée de la peinture  de la Chine et du Japon, j'ai rencontré  doute et critique.

 

Quand j'ai évoqué la nature symbolique des oeuvres représentées, je n'ai récolté que l'étonnement.

 

La nature magique du discours nous a ramené aux sources mêmes du mystére,alors là l'incompréhension s'est muée en franche hostilité de la part du fabricant, enfin de ses services marketing incapable de comprendre la nature même du travail de ses laqueurs, gnomes chamaniques affairés à commettre une transmission subtile de quelque chose d'inaccessible par la raison.

Bref, une belle bande d'ignorants.

 

"Mais ou donc allez-vous chercher tout ça ?", disait-on chez Pilot .

 

Dans l'histoire de l'art, mon capitaine !

 

On ne sait pourquoi certaines choses rendent fou.

L'or , le jade.

 

Ce qui me fait sourire , c'est que je n'écrirais plus les mêmes choses aujourd'hui.

En effet quel que soit le site des marchands de stylos Namiki, que l'on consulte, on a l'impression de se retrouver à Guimet ou au Cernuschi lorsque on découvre leur prose ..

Débordement  de connaissances ,histoire du Japon ,anecdotes choisies, histoire de l'art ,rien ne  manque ; on déboule de toute évidence chez des artistes, qui viennent juste de lâcher le tsu-tsu et le mu-ro pour prendre la plume, et nous parler  laque de Chine .

Des anthropologues , des historiens , des savants , des voyageurs , des lettrés , qui vivent en yukatas , sur des tatamis et infusent du ma-tcha dans leur théière , qui nous rapportent un parfum d'aventure ou de vieux livres.

Attention , peinture fraîche !

Savoir tout neuf...

Factice ?

Un peu .

Suffisance : beaucoup.

Enfin, bon , moi non plus je ne suis pas un laqueur et la culture appartient  à tout le monde...

Alors, comme disait   Madame Mère  à propos    de mangeurs de crachats :  " il faut bien que tout le monde vive "

 Remarquez, c'est très bien ce désir de savoir les choses ( tout en riant sous cape devant ce festival d'hypocrisie ), mais ce n'est pas très vrai , parce qu'on sent bien que rien de ce qui est décrit n'est vécu.

Un argumentaire pour la vente.

Quant à la manipulation des symboles...

Il fût un temps oû la révélation des secrets pouvait se révéler spirituellement dangereuse.

Il semblerait que cela ne fasse plus peur à personne.

 

 

Le laque aussi certainement.

Parlons en.

 

Qu'est-ce qui fait la magie d'un stylo Namiki ?

 

D'abord  la perfection de l'objet, l'instrument d'écriture, auxiliaire de la pensée, active expression de la conscience, mais aussi en tant que soi-même comme sujet pensant ou croyant penser.

 

Pensé alors ?

 

Mais, moi-même pensé par quoi ?

 

Par l'instant présent et les énergies visibles et moins visibles, actives ou moins actives menant le cours parfois chaotique de notre destinée ?

 

Pourquoi pas ?

 

Wahou !.

 

L'affaire devient sérieuse et de fait elle l'est.

 

En effet à travers  l'usage de ce petit objet laqué décoré de précieux motifs s'entrouvre un passage vers quelque chose qui le dépasse en tant qu'objet utile et le place de plein pied dans le domaine de l'art et du symbole.

 

Rappelons que la création de la marque Namiki est un accident de l'Histoire et de la rencontre au forceps de l'Orient et de l'Occident au cours de la grande révolution de l'ère Meilji , période d'entrée de Japon dans la modernité forcée , aujourd'hui forcenée et qui se résume dans le slogan de l'époque :

 

"techniques occidentales, esprit japonais".

 

J'en profite ici , pour glisser deux mots sur le conflit Nissan contre Renault.

Je me souviens d'une conversation avec le dirigeant d'une grande banque d'affaires suisse, amateur d'écriture, qui s'enchantait de cette "alliance",à l'époque.

Je suis passé pour un demeuré, lorsque je lui ai déclaré que cela ne marcherait jamais...

J'avais raison.

Ici , sur cette terre de France, nous fonctionnons suivant un modèle mercantiliste-autonomiste - colbertisme (recherche de la non-dépendance, ou souveraineté ) mis au point sous louis XIV .Autorité de l'Etat, autre nom de Rome, du Roi, de l'église, comme l'avait bien compris Théodose, pour faire durer Byzance, il fallait diviniser Rome .   Ça marche moins bien , mais ça dure encore.                                                                             Les modalités de fonctionnement sont empruntés à l'empire carolingien .En résumé les gestionnaires du privé, souvent formatés au moule ENA/grandes écoles ,sont les fades descendants , grands commis devenus pantouflards, je généralise abusivement ( affaiblis par la consanguinité et la dé-connaissance), des missi - dominicis  faisant régner l'ordre uniformément, sur les marches les plus éloignées de l'Empire, au nom de et pas en leur nom.

Un symbole : le faisceau des licteurs et la hache des consuls .

Lorsque le" centre" a disparu, ils se sont mis à leur compte et sont devenus des féodaux.

C'est ce qui se reproduit avec nos ex- grands commis de l'Etat, devenus oiseaux du grand-large d'une mondialisation qu'ils souhaitent uniforme  (IFRS OMC,nouveaux noms des capitulations, tous les peuples sous une seule loi).

La taille de leurs ailes les empêchent de marcher.

Manque de chance , le combat se passe sur terre!

 

Au Japon , on fonctionne pas pareil, mais toujours et également sur un modèle ancien selon le style de Hydeyoshi et de sa cour par exemple ; un moins que rien devenu empereur par la guerre, les complots , l'espionnage, les  ninjas ,services secrets , assassinats, massacres de masse ou au détail etc.

Il y a toujours une puissance ,un ambitieux, un gêneur, un intrus à éliminer, une succession insatisfaisante à fortiori dans sa propre famille, donc on liquide :père, fils, oncle, tante , cousin, maîtresse, concubine, frère , soeur, légitimes ou non; alors des étrangers, je ne vous dis pas ; il faut vraiment être naÏf pour imaginer que ça va bien se passer au nom d'une rationalité inatteignable.

Objectif : le pouvoir.

 

Le coup tordu est une spécialité japonaise (Pont Marco-Polo, Pearl Harbor, coup de Hanoî etc)..

Faute de le savoir , par carence culturelle, ( ignorance crasse d'esprits formatés loin de la culture et de l'histoire, bref de nos élites ) ces contrôleurs de gestion se retrouvent bien marri face à l'indigène , qui rejoue un simulacre de la guerre de dépendance.

Lorsque deux volontés de puissance se mettent à table ...

Nissan a sans doute pas mal de choses à cacher de sa gestion et qui pourraient emmener le groupe par le fond.

Dans ce cas, il y en a toujours un qui sort le poignard le premier, ou le lacet, le poison.

Frapper le premier évite toute forme de discussion désagréable.

 Et enterre provisoirement les problèmes.

Je leur avais dit "jamais le Japon n'acceptera de céder le pouvoir sur une entreprise stratégique, vous serez surpris".

 

Maintenant , cela ne veut pas dire que les "jésuites", ne vont pas l'emporter in fine, mais pour l'instant ...

 

Ceci dit également les coups d'éclats du Japon se terminent souvent par des catastrophes!

 

12 Janvier 2019:

 

Dernière nouvelle : contre attaque offensive des "Jésuites" avec l'inculpation de Takeda à Paris !

 

 Pourquoi donc vous parlé-je des Jésuites ?

Le japon n'a pas rejeté d'emblée l'apport des missionnaires et ne s'est pas opposé à l'évangélisation au 16/17 eme siècle .

Cependant , les japonais n'ont pas manqué de se renseigner sur l'état des relations entre la papauté et les royaumes chrétiens d'occident. 

Les Daymios ayant appris ,par les hollandais anti-papistes, que les souverains catholiques étaient subjugués aux Papes de Rome, ils ont rapidement compris que s'ils laissaient l'évangélisation se développer sans contrôle , ils perdraient inéluctablement  pouvoir et indépendance au profit du Vatican politique ou tout autre cheval de Troie.

D'où la réaction de défense anti-chrétienne féroce du Bakufu.

Aujourd'hui, pour les japonais, à tort ou à raison , comme analogiquement  évoqué plus haut (le Vatican comme avatar de l'Empire romain d'Occident ) le Pape, c'est l'Etat français, qui se camoufle à travers Renault, afin de s'emparer du pouvoir chez Nissan ( pas plus ! ) , que Renault est légitimement en droit d'obtenir en tant qu'actionnaire majoritaire , mais perçu comme illégitime aux yeux des japonais parce que l'Etat ne possède que 15 % du dit constructeur automobile français.

Tout ça ne va pas tenir debout  longtemps, l'étatisme colbertiste et la mondialisation  faisant rarement bon ménage

Le plus fort sur son propre terrain l'emportera.

 

 

En clair faire d'une invention étrangère utile, le stylo plume, un objet d'indépendance s'inscrivant dans la culture, voire la nature du Japon en utilisant le travail du laque comme moteur d'une transfiguration.

 

Purée, rien que ça ?

 

Pour le versant japonais de cette construction hybride et en Asie on en connaît un rayon en matière d'hybridation, ce qui frappe immédiatement c'est la filiation  de ces décors avec de grands thème de la peinture "asiatique" à travers le genre de l'estampe,bien sur,mais aussi une palette plus large des arts décoratifs inspirée par les écoles traditionnelles d'inspiration nationale japonaises mais aussi chinoises, coréennes, indiennes et persanes.

 

Car s'intéresser à la peinture au laque, va nous faire voyager au Japon bien sûr, mais aussi en Chine, lieu oû se trouve la "caisse à outils" conceptuelle la mieux conservée d'Asie, mais surtout la plus facile à comprendre.

 

Donc,comme je vous le disais, "voir" la peinture en Chine, ce n'est pas seulement et même pas du tout se contenter de dire :

 

"joli ce bambou, super cette montagne..."

 

Car la peinture participe à un mode de communication qui ne fait plus appel aux seuls organes des sens.

 

Comme aimait à le dire Wolfram Eberhard :

 

" les chinois sont un peuple , qui aime utiliser les yeux.

Pour eux chaque mot est un symbole et non un signe phonétique".

 

Ou encore mieux avec F. Lessing:

 

"Le langage symbolique qui imprègne le mode de communication des chinois constitue une seconde langue chargée de communiquer une pensée de second plan.

Cette langue sous-jacente produit un effet plus profond, exprime des nuances plus délicates et contient un sens plus riche que le simple langage ordinaire".

 

Ce qui nous permet avec E.Pretorius de conclure :

 

"on peut considérer toute la peinture orientale comme un symbole.

Ses thèmes préférés comme le rocher, l'eau, les nuages, les animaux, l'herbe...représentent non seulement la nature elle-même, mais signifient quelque chose".

 

Cette manifestation du symbole parle à notre inconscient et comme le dit si justement Situ Shuang :

 

"C'est un monde, qui parle par le symbôle et plus le symbôle est archaïque (ndlr: donc éloigné de nous ), et profond, plus il devient collectif et universel".

 

Ca, c'est tout ce que le marketing  est incapable de comprendre

 

D'un point de vue culturel,Il n'y a pas de meilleur moyen de décrire l'engouement qui saisit sans relâche  l'Occident depuis que le contact a été rétabli avec les arts d'Asie, au 17eme siècle.

 

On aime, mais on ne sait pas pourquoi.

 

Et puis un jour , on a envie de savoir.

 

C'est cet aspect que je souhaite aborder avec vous à travers ces images de l'art produites par des artisans laqueurs , dont les belles techniques se mettent au service d'une exigence intellectuelle unique.

 

Comprendre ce que l'on voit, comprendre ce que l'on aime en tant que réalité vivante .

 

Pas mal comme programme, non ?

 

Ouvrons ce livre sur les pages du blog ou je me propose de vous commenter chaque décor, mais d'abord, pour ne pas nous perdre en route, prenons le temps d'ausculter la gamme de stylos Namiki, non plus en temps qu'oeuvres d'art mais comme moyen de communication visible.

 

Allez, on commence par le début, car avec le temps, on a vu fleurir une pléthore de modèles , formes et  matières.

 

Par convention,branchons nous sur les modèles contemporains, pour la muséographie concernant tout ce qui s'est passé avant 1945, on verra plus tard (ou jamais !).

 

Au début, j'étais souvent surpris par la difficulté visuelle des amateurs débutants pour différencier visiblement les trois modèles construits sur la même ergonomie,à savoir Tradition,Nippon Art et Yukari.

 

Les Traditions semblaient souvent plus fins ,les Yukaris plus gros etc.

 

Comme si le décor plus ou moins élaboré trompait l'oeil.

En fait ces trois modèles sont identiques.

 

Ce qui les différencie,c'est la matière dont ils sont fait et pour le savoir ,votre oeil ne vous est d'aucun secours.

 

Votre main ,si .

 

C'est leur poids ,qui manifeste leur différence ,plus quelques petits signes de reconnaissance,pour l'oeil ,on en reparle plus loin.

 

En effet,les Traditions ,sont les plus légers,en ébonite,sulfure de caoutchouc,les Nippon Art,sont intermédires entre Yukari,dont ils ont le capuchon en bronze et le corps d'ébonite.

 

Les Yukari sont les plus précieux par leur décor en maki-é,donc le support doit être indéformable.

 

Laiton.

 

Science des détails du Japon.

 

Trois stylos différents à partir de la même forme,c'est quand même pas mal,surtout avec trois prix différents ,du simple au triple !

On arrête un instant et on repart sur le prochain post avec la série Yukari Royale.

 

A lire sur le blog.En commençant par le plus bas sur l'ascenseur, ce qui correspond à l'ordre chronologique des articles.

 

Je reviens sur la différenciation visuelle des modèles de la suite Yukari /Tradition.

 

Comme vous le savez le Japon possède une vie sociale très élaborée, dans laquelle la relation hiérarchique, héritage de la pensée confucianiste,  joue un grand rôle.

 

Chacun devant se situer avec précision au sein de l'échelle sociale, je me suis demandé si les petits signes de reconnaissance semés sur le décor des stylos Namiki , ne correspondait pas en fait à ce désir de discernement visible.

 

En effet,il est très facile de faire la différence entre un Tradition ,qui possède un petit anneau d'or serti dans le haut du corps et un Nippon Art , qui lui arbore le même anneau, mais cette fois à la base du capuchon.

 

Quant au Yukari, lui-même se dispense de cet ornement superfétatoire.

 

Avons nous tout dit ?

 

Bien sûr que non !

 

En effet il existe ,dans le même format que le Yukari , un seigneur caché ,qui répond au doux nom de "Flat top " (toit plat )...

 

Il peut-etre avec ou sans agrafe et bien entendu , base du stylo et tête du capuchon sont plats.

 

C'est une forme utilisée pour marquer son empreinte sur les séries limitées ou spéciales ,comme les signes du Zodiaque. On la retrouve également sur les modèles anniversaires de Pilot , la marque soeur.

Je pense particulièrement au splendide Toki de Pilot,mais en format Empereur, édité pour le 88eme anniversaire de la marque, au format que je me permet de nommer Shogun, au lieu de ce pauvre "flat top", banal à pleurer.

 

J'avais suggéré ce changement d'appélation, mais sans succès...

 

Il me semblait que Shogun faisait bien pendant à l'Empereur, dont il a d'ailleurs les mêmes dimensions, mais pas les mêmes proportions.

 

Mais revenons à la gamme et à l'idée de base de l'architecte (qui avait certainement été forgeron dans une vie antérieure...) de ces extraordinaires stylos à savoir qu'un Namiki, que ce soit un Tradition, un Nippon Art, un Yukari , un Yukari Royale ou un Empereur (OUf, j'ai fini !!), doit pouvoir se prendre en main et se reconnaître les yeux fermés.

 

Ainsi, nous avons vu que le petit module , qui va se décliner en Tradition , Nippon Art ou Yukari, outre la qualité du décor, c'est la matière, ébonite, laiton ou alliance des deux (corps et capuchon), qui va donner tout son caractère et tout le ressenti intuitif de la main , qui s'en empare.

 

C'est ce qui va , nouveau paradoxe, nous surprendre avec le Yukari Royale, plus petit que l'Empereur ou le Shogun,mais plus lourd, car construit sur une base en laiton.

 

Je profite de cette relecture du blog, pour mettre à jour la gamme Namiki, puisqu'il existe désormais une ligne à peu près dans le format du Yukari Royale, un autre style correspondant à un empereur"flat top"(que ce mot est laid!) réduit .

L'esthétique est séduisante , mais Namiki le destine , pour l'instant, que je sache, à la gravure de type Shin-Kin, inclusion d'or, argent ou amalgame sur fond noir ROIRO.

Dommage. 

 

Retenons en passant la deuxième règle d'or de Namiki, qui nous dit que plus le stylo est précieux, plus le support du décor doit être constitué d'une base indéformable, afin de garantir la pérénité de l'oeuvre, ce qui est on ne peut plus louable.

 

Ici on n'est pas dans le "ready made", cuvette de chiottes à la Marcel Duchamps, mais dans l'immortalité.

 

Pas pareil...

 

Mais boum, voilà que notre analyse vole en éclat, une fois de plus, puisque le module Empereur destiné, en général, mais pas toujours, à recevoir le dépôt des représentations les plus élaborées, donc les plus couteuses est lui constitué d'ébonite ( sulfure de caoutchouc), une belle matière, solide , légère, mais pas aussi solide que le laiton.

 

Pourquoi ce choix ?

 

Parce que votre Namiki est destiné tout d'abord à écrire et s'il le fait mieux que n'importe quel autre stylo, avec constance et amour pour son maître, comme un sabre, il est d'abord un instrument et il se doit d'être pratique et léger, pour ne pas fatiguer vos petites "mimines", qui s'épuisent à mettre vos pensées en forme sur le papier.

 

Instrument,comme je vous disais, qui permet à votre pensée de s'extirper du néant et à se matérialiser dans le monde concret.

 

Vous n'y aviez jamais pensé ?

 

Cela prouve à quel point vous divaguiez loin de l'essentiel !

Maintenant, c'est fini.

Vous n'avez plus d'excuses.

 

Ceci juste pour sourire par devers vous lorsque vous entendrez le prochain sot déclarer qu'un stylo plume ne sert plus à rien dans ce monde.

Dans son monde fantomatique ,à lui,  certainement !

 

Mais je vous disais que si votre Empereur est construit lui sur un corps d'ébonite, c'est pour votre commodité d'emploi.

En effet, en laiton , ce stylo aurait été d'un poids insupportable, comme certains stylos de Omas, format 360, tour en argent massif, splendides, mais inutilisables, malgré toutes les formules traitant de la relativité générale et de la physique quantique gravées sur le corps.

 

Dieu que le savoir pèse au bout des doigts !

 

Au Japon, on sait rester pratique et on voyageait beaucoup dans les temps anciens (voir "Après la pluie", un film épatant, qui vous montrera qu'on peut aller partout, avec un baluchon , ne manquer de rien et vivre comme un seigneur, même pauvre).

 

Si l'Empereur ou le Shogun impressionnent l'oeil par des dimensions turgescentes intimidantes, votre main le reconnaît immédiatement comme un ami.

 

Effet encore renforcé par le toucher du laque, matière athermique par excellence, polie et brillante sensuelle comme la peau, chaude et douce .

Dans ce monde, je ne connais que le celluloide (résine de coton), qui puisse prétendre à la comparaison.

 

Mis à part le bois, mais ce n'est pas toujours la bonne matière pour les stylos, sauf chez Faber et Caran d'Ache, rien ne peut être mis en face.

 

L'or magique, mais qu'il est lourd, l'argent lunaire mais lui aussi apparenté au poids de l'âne mort, le platine et le titane inaltérable,mais chirurgical, les résines isophtaliques, acryliques archi mortes...

 

Mornes plaines ...

 

Comme quoi on ne peut créer qu'avec du vivant et c'est tant mieux.

 

C'est pourquoi je me demande ce que font les stylos Namiki sur le site d'Ama-chose.

Sans doute Jeff manquait - t-il  ?

Tant qu'il n'aura pas tout , il lui manquera toujours quelque chose .

Votre job , par exemple ?

Voracité ...

 

 

 

 

 

Toki
Toki

Le plus beau.

Colibri
Colibri