Bon ,vous allez me dire , mais qu'est-ce qu'on peut bien raconter de nouveau sur Mont Blanc ?

 

La marque à l'étoile des neiges,née à Hambourg,ville portuaire et qui entend le rester, selon Pierre Dac, bien loin donc des alpages et que l'on peut considérer comme piquée à notre patrimoine national !

 

Si Mont Blanc avait continué à s'appeler Simplo, comme à l'origine, il est peu probable que son destin eût été comparable.

 

L'inimitable "french touch", quand on ne l'a pas trouvée dans son berceau, il faut bien aller la chercher quelque part.

 

Trêve de rancoeur.

 

Si tout semble dit et redit sur la généalogie de la marque aux six vallées., par certains côtés, elle demeure à la fois l'exemple d'une réussite commerciale impressionnante tout en suscitant une véritable interrogation.

 

Comment Mont Blanc a-t-il réussi à éclipser des marques aussi fortes que Parker, Schaeffer ou Waterman, leaders décatis passés au presse purée ?

 

Pourtant, il y avait et il y a parmi eux des leaders et non des moindres, venus de l'industrie et de la grande distribution,s'appuyant aussi sur des groupes puissants, ambitieux et conquérants dans leurs coeurs de métiers, mais incroyablement timides et maladroits dans le secteur de l'écriture.

 

Comme c'est étrange.

 

Bon ,c'est vrai, on profite souvent des erreurs des autres à un moment donné, mais il faut toujours s'attendre à une réaction et je constate que depuis 15 ans que la marque progresse, la réaction de la concurrence est toujours aussi anémique, malgré quelques tentatives avortées et marginales, car mal pensées.

 

Quel mystère !

 

Essayons de soulever le voile !

 

On peut dire qu'à l'origine de l'origine, il y avait le stylo plume 149, le mythique,Power Pen, qui a fait toute l'image de Mont Blanc , comme symbole de réussite à l'époque oû savoir écrire était une preuve de culture et posséder un beau stylo un élément incontournable du bon goût.

 

Mont Blanc, encore aujourd'hui se plaît à nous le présenter comme la pièce maîtresse , son Meisterstück, de son succès.

 

Même si d'un certain point de vue, on peut dire que c'est exact, puisque le 149 , a vraiment fixé l'ADN de la ligne Meisterstück, tant pour les signes visbiles de reconnaissance, comme la bakélite, puis la résine noire, la forme générale et le design , que l'on va retrouver décliné avec bonheur sur l'ensemble de la gamme en plume, bille, roller et porte-mines.

 

Pourtant, malgré d'indéniables qualités le 149 reste un des stylos les plus contestés de l'histoire de l'écriture.

 

Peut-être le plus détesté.

 

Comment a-til failli faire chavirer la barque hanséatique?

 

Disons simplement que le Power Pen a couvert d'encre des fournées entiéres de voyageurs, sans que sa technologie puisse être prise en faute.

 

En effet, ce stylo a été conçu à l'époque oû les cartouches n'existaient pas.

Afin de procurer une autonomie suffisante à son détenteur, il est équipé d'un grand réservoir d'encre, car pas question de se balader avec un flacon d'encre dans ses bagages.

Autre caractéristique, il posséde un "conduit", un peu comme un carburateur de bagnole, à très fort débit.

 

Comprenez, que lorsqu'il est en position d'écrire, plume sur le papier, il va naturellement laisser passer beaucoup d'encre sur la plume, ce qui est louable, puisqu'il évite ainsi l'horripilante apparition des "blancs" au traçé des lettres.

 

Voilà la mise en place du drame, qui a enrichi une génération de teinturiers.

 

Premier cas d'école, votre 149 "fuit" en avion.

Vous avez gagné Roissy au petit matin , votre stylo dans votre poche.

Manque de bol, il était à moitié vide, ce qui fait que vous n'avez plus un grand réservoir d'encre , mais un grand réservoir d'air.

Plus votre avion grimpe en altitude, ce qui est quand même recommandé, pour un voyage en toute sécurité, plus l'air se "détend", sous l'effet de la baisse de pression barométrique.

 

Oui , souvenez-vous de vos cours de physique : pression au niveau de la mer : 1 Bar.

 

L'air contenu dans le réservoir de votre stylo prends plus de volume et se montre fécétieux en chassant l'encre qui s'évacue par le conduit de votre stylo directement dans le capuchon.

 

Puis, bien sûr dans votre veston...

 

Furieux, vous pensez que votre stylo a un défaut.

 

Vous revenez chez Mont Blanc, on vous explique que c'est votre faute et on vous demande 40 Euros de remise en état.

 

Vous payez de mauvaise grâce, mais encore hypnoptisé par l'aura incontestable de la marque.

 

Quelques voyages en avion plus tard, rebelote !

 

Retour chez Mont Blanc, oû le vendeur vous serine une nouvelle fois que c'est votre faute, oui, la petite goutte à vider après remplissage ...

 

Mais rien ne s'arrange, votre femme vous demande de passer au stylo bille et vos collégues de bureau rient ouvertement de vos goûts de luxe.

 

Que faire ?

Comme disaient ,en levant les yeux au ciel, Trotski , Lénine et Engels : "que faire pour réussir dans le spectacle?".

Oui, que faire, Mon Dieu !

Silence............................................

Vide sidéral.

Question :"sommes nous seuls dans l'univers ?".

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Et puis soudain !!!!

BADABOUM!

 

Allo, fils, oui , j'écoute...

Souviens toi,fieu, que les liquides sont incompressibles, comme la Foi.

Remplis complétement le réservoir de ton stylo, afin qu'il n'y ait plus trace d'air ( image des formes changeantes et du doute, avec un petit "d"),qui se dilate en altitude, lorsqu'il se rapproche de Moi, ainsi l'encre ne sera plus chassée du réservoir.

 

Capté , fiston ?

 

Yes, Dorothée-India-Europa-United, 5 sur 5.

 

J'espère que c'est clair pour vous aussi, hombre !

 

Et puis , en cas de doute absolu, gueule de bois critique ou autre cataclysme, achetez vous un stylo à cartouches ( petites, surtout des petites et pas des grandes style Waterman , car dans ce cas même Dorothée-India-Europa-United de répondrait de rien ).

 

Aufwiderzen.