Momijigari et le fantôme de Tekona;

Momiji
Momiji

Dans le même ton de vermillon,que les plumes du kawasemi, le capuchon de notre Yukari Royale dit" Martin pêcheur", demeure l'espace de liberté du laqueur  lui permetant  de rajouter un thème destiné à renforcer la démonstation de savoir faire exercé dans la réalisation du thème principal sur le corps du stylo.


Comme dab, je vous explique ce que personne n'avait compris sur la nature même du travail artistique du laqueur de Namiki.

Le capuchon reste le seul espace oû le laqueur quitte quelque peu son rôle de réalisateur du travail d'un autre , pour devenir à son tour créateur .


Ici, l'artiste a choisi l'automne avec le rougeoiment intense des feuilles d'érables en Novembre, objet d'un culte des beautés de la nature célébré sous le nom de momijigari au japon.


Pour ma part , il me semble que l'inspiration provient de la planche No 94 tiré des "100 vues d'Edo"d'Hiroshige , "Les erables rouges à Mama".


Cet endroit était considéré comme le lieu le plus favorable, pour bénéficier du spectacle de la contemplation des érables en automne.


Notez, que les feuilles détachées de leur pédoncule semblent voler dans l'air tout en restant immobiles, comme pétrifiées dans leur chute vers un sol qu'elle n'atteindront jamais.


Magie de l'instant saisi en vol.


L'artiste veut - il ici nous ramener vers la légende de Tekona, la beauté du 8eme siècle citée dans le Man'Yoshu ou recueil des myriades de feuilles ?


J'ai envie de le croire et me souvenir de sa beauté, qui enflamma la passion de toute une génération.


Tourmentée par les conflits et la folie amoureuse qu'elle  engendra parmi les hommes, qui perdaient pour elle toute retenue, elle se jeta à l'eau près de sa maison à Mama.


Est-ce alors son fantôme, l'ablette, que vient saisir le Kawasemi dans son bec ?


Pourquoi pas ?


En tous cas , celà me fait plaisir de le croire et de donner ainsi une dimension merveilleuse au décor de ce stylo.


Monts Tsukuba dans le lointain.


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