Connaissez-vous le maki-gai ?

Pilot Toki 85eme anniversaire
Pilot Toki 85eme anniversaire

 

 

A tous ceux, qui pensent que le fait d'écrire sur un blog amicalement relayé par Bruno le Gourmand,me transforme en contempteur de la Grande Bouffe, je confirme que cet article n'est pas une recette de cuisine.

 

Oui, d'accord maki, maki, ça fait penser à quelque chose qui se mange.

 

En l'occurrence, ce n'est pas le cas.

 

Vous voici en présence, Mesdames et Messieurs, d'une édition limitée de Pilot, destinée à commémorer (eux aussi...) le 85 eme anniversaire de la marque et réalisée par les laqueurs de Namiki.

 

La encore, c'est l'ibis rouge du Japon, autre espèce en péril, qui a été retenu pour l'occasion.

Le volatile Nippon Nipponia, pour les intimes est censé être une représentation emblématique du japon.

 

Je note cependant, qu'on n'en voit nulle trace dans l'art.

Ou du moins je suis revenu les mains vides de ma quête.

Peu importe.

 

Ce qui m'intéresse sur ce stylo, mis à part qu'il s'agisse du seul "Namiki" que je connaisse , qui soit proposé avec clip, anneaux( notez la représentation du Toki, sur l'anneau à la base du capuchon ) et plume rhodiée, donc "blanche ", réside dans le fait que l'essentiel de la déco est constitué d'un saupoudrage précieux de particules d'abalone sur fond noir roiro.

 

C'est le fameux maki-gai, dont vous attendez depuis si longtemps de ma part quelques explications informatives.

 

Cette poussière nacrée, semée comme un nashiji, est vraiment réjouissante .

 

Comme toujours formes et couleurs ne se présentent pas au petit bonheur la chance.

 

La couleur est d'un bleu-vert merveilleusement irisé de rose...

La lumière se diffuse dans tous les sens.

 

Cette poussière de nacre est le produit d'un fin broyage de la "peau" de l'ormeau, pelée et détachée après avoir bouilli longtemps dans une mixture dont j'abandonne le secret aux initiés.

 

Dans la quête de notre satisfaction intellectuelle, qui nous pousse toujours à comprendre ce que nous voyons, nous nous sommes dits, que bien sûr, il ne pouvait s'agir que d'une influence de la peinture de paysage de la Chine ancienne et de ses bleus verts caractéristiques.

 

On aurait pu penser à l'influence des Song du Sud, sur l'art japonais exprimait une de ses multiples manifestations.

 

Il est plus probable qu'il s'agisse d'une émanation plus tardive, probablement datée de la restauration (non , pas la bouffe...) des Ming, si on veut bien retenir l'école Somada comme initiateur de cette technique au Japon.

 

Mais soudain cet étalage d'érudition me fatigue et plus sainement reportons nous , c'est bien plus drôle, sur la symbolique de ce bleu-vert magnifico.

 

Remontons le temps.

 

A l'origine,en Chine, couleurs se disait Yan Se, c'est à dire "expression faciale", à comprendre comme mesure de l'Energie exprimée par l'espace entre les sourcils.

 

Qi.

 

La couleur est donc l'expression d'un état d'âme, donc d'une force ou d'un déficit de cette force.

 

La médecine traditionnelle nous rappelle que le vert, élément bois, aigre, pénètre jusqu'au foie, centre de commandement de la vue, des muscles et plus généralement de l'activité.

 

Son chiffre est le 8.

 

Et dans le Yi-king, il est nommé comme petit yin ( mutant ).

 

Couleur il participe au message subliminal qui veut que "une peinture récite un poème et un poème dessine une peinture".

Notez au passage que le radical de l'idéogramme de la soie se retrouve dans celui de presque toutes les couleurs.

 

Brillant comme de la soie, il est beau notre ormeau !

 

La présence de ce maki-gai sur votre stylo est de bon augure, puisque le laqueur, vous souhaite à travers la présence du matériau, vigueur et vitalité.

 

Pour conclure gardez bien en tête pour vos prochains repas de fêtes, que ce qui ferait l'intérêt de l'ormeau, pour les amateurs de cuisine chinoise, ce serait la vigueur de son appendice abdominal, lui permettant de se fixer même dans les enfractuosités des roches sous marines les plus difficiles d'accès et dont ceux, qui le souhaitent, pourraient s'approprier les vertus.

 

Quand je vous disais qu'on ne vous souhaitait que du bonheur !

 

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